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Rivière
Sepik
Nous arrivons à Ambunti dans le cours supérieur du Sepik. Nous
prenons un canoë à moteur fait dans un tronc d’arbre. La proue est
en forme de tête de crocodile. Ici les maisons sont sur pilotis. Sur le
fleuve il y a des milliers d’aigrettes blanches, de hérons noirs et
blancs, des aigles pêcheurs, le perroquet noir et plus difficile à
voir, le « coucoubara », le martin-pêcheur de Nouvelle-Guinée,
multicolore. Chaque
village possède un « haus tambaran », la « maison
des esprits » qui est réservée aux hommes. A la fois lieu de
rassemblement pour rendre la justice, temple, théatre, elles sont le
point central de la vie des Papous du Sepik. Il s’agit là de
convoquer les esprits pour réconcilier deux parties, faire venir la
pluie ou organiser une cérémonie d’initiation. Les femmes sont
interdites. Lorsque je pénètre, je vois quelques signes de
protestation parmi les hommes, mais Kowspy, notre guide, leur explique
que je suis venue étudier leur culture et j’ai le droit de rester : les
esprits des ancêtres sont apaisés ! L’intérieur de la maison
des esprits est entièrement décorée de peinture, de sculptures qui
racontent la création du monde, les visages des ancêtres et des scènes
empruntées à leur mythologie. Il y a le casoar qui a donné le jour en
même temps à un petit casoar et à un humain. Kowspy se lance dans une
histoire compliquée. Le casoar avait mangé de la cervelle humaine….. |
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Dans
les villages, de nombreux objets : tambours en forme de crocodiles, sièges
sculptés témoignent de l’habileté de ces hommes pour le travail du
bois. Au village suivant, les hommes et les femmes nous montrent leurs
scarifications. Lors de la cérémonie d’initiation, aussi bien pour
les garçons que pour les filles, ils choisissent le dessin qui sera
scarifié sur leur corps avec des lames de rasoirs. La polygamie
est toujours en vigueur. Le mari peut avoir plusieurs femmes dans le même
village, mais cela peut être aussi dans des villages différents. Une
fois la nuit tombée, Kowspy nous emmène en bateau pour voir dans le
noir les yeux rouges des crocodiles. Avec une grosse lampe de poche il
balaie la rivière dans tous les sens. J’étais en train de me
demander si ce n’était pas une grosse blague, quand brusquement Kowspy
pousse un cri , fait aborder le bateau et attrape à la main un petit
crocodile et nous dit : « voyez dans la nuit ces yeux
sont rouges ». Le crocodile essaie de se débattre dans la main de
Kowspy et crie désespérément. Finalement il lui met un élastique
bien serré pour lui museler la mâchoire. Arrivé à la maison, il pose
le crocodile sur la table de la cuisine et lorsque nous étions en train
de dîner, le crocodile s’est échappé avec son élastique. Espérons
pour lui qu’il saura le casser. Le crocodile tient une grande place
dans la mythologie des Papous et également dans les sculptures sur
bois. La proue des pirogues est en forme de crocodile, les tabourets,
les tambours…… Pour eux «à l’origine, le crocodile était un
humain qui s’est transformé en crocodile et c’est pour cela
qu’il ne peut manger sous l’eau ». Kowspy nous raconte les
guerres tribales. Autrefois, la principale occupation des hommes était
d’aller attraper la tête d’un ennemi. « Mon grand-père a tué
beaucoup d’hommes, dit-il fièrement, et a conquis le territoire de
notre tribu ». La bravoure et le courage se compte en nombre de
trophées. Et les cannibales, demandai-je
prudemment, ils ont vraiment existé……Oui, me dit Kowspy sans détours,
mais c’était la tribu d’en face !. Cela n’existe plus depuis
6 générations.Il enchaîne sur les fables : Le gueko et la
grenouille, le calao et le martin-pêcheur……….. |
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Le
gueko (lézard) et la
grenouille
ou l'histoire de la création du monde,
racontée par Kowspy Marek (telle que je l'ai comprise)
Le
gueko (lézard) et la
grenouille
ou l'histoire de la création du monde,
racontée par Kowspy Marek (telle que je l'ai comprise)
Il
était une fois deux animaux qui se disent qu'il faut que les
hommes puissent vivre et rester dans ce pays.
La grenouille dit : c’est à moi de commencer. Le gueko dit non
c’est à moi de le faire. Le
gueko commença et chercha un endroit pour construire une maison.
"Ma cuisine sera là et ma maison des esprits ici" dit-il. Ils
dormirent tous les deux et le matin suivant tout était prêt. Ensuite
il construisit un canot, puis un jardin pour les fruits, bananes, taro,
yam et le matin suivant le
bateau était prêt pour la pêche. Le tambour de la maison des esprits
était prêt. Puis il prépara du sagou pour sa nourriture. Le jour
suivant le sagou était approvisionné dans la maison. "Tous est prêt
maintenant, je peux mourir" dit-il. Aussi il mourut pendant une
semaine. Quand il mourut, son corps pourrit. L’ancienne peau sortit et
comme d’une chrysalide ou d’un œuf, la nouvelle peau sortit.
Et ensuite il fut à nouveau vivant.
La grenouille dit : ce travail est mal fait, moi je vais faire des
bonnes choses pour les gens. Elle coupa un tronc et fit un bateau,
nettoya la forêt et faisait un rude travail.
De temps en temps elle se coupait, se faisait piquer par les
insectes.
Elle prépara le sagou et le ramena à la maison comme le font
aujourd’hui les gens et dit maintenant je vais mourir pour toujours.
Elle mourut et ses os, son squelette sont devenus blanc. C’est pour
cela que nous sommes maintenant des humains, sinon nous serions comme le
gueko. Nous mourrions et huit jours après nous serions vivants dans une
nouvelle peau.
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Le
calao
et le martin pêcheur
,
raconté
par Kowspy
C’est
l’histoire de deux oiseaux, le calao qui est un gros oiseau
et le martin-pêcheur qui est un petit oiseau. Aussi ils décidèrent
d’aller le lendemain à la pêche. Le calao avait un plan, car
il a un petit bec pour sa taille et ne peut manger beaucoup et le
martin-pêcheur lui a un grand bec pour un petit corps. Aussi le calao décidait
d’avoir le bec du martin-pecheur, car il ne peut manger beaucoup à la
fois et il a tout le temps faim. Aussi le calao dit au martin pêcheur
nous devons passer un contrat et aller à la pêche. Aussi le lendemain
ils partirent vers le lac où il y a de gros rochers pour pêcher des
crabes car le calao aime beaucoup les crabes.
Le calao dit au martin pêcheur : tu restes ici pendant que je
descends et je vais plonger pour ramasser quelques grenouilles. Il
remplit son bec de crabes et il remonta. Il dit au martin pêcheur. : « L’eau
est trop sale et je ne peux rie
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